Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud

Microcrédit

Quelqu’un qui est pauvre ne peut pas emprunter auprès d’une banque. Rokia s’en est rendu compte.  

Mais le microcrédit lui ouvre de nouvelles voies.

Rokia Degbevi habite au Bénin; elle possède un petit champ de manioc, un peu en-dehors du village. Le petit lopin de terre n’est pas bien grand et elle doit travailler d’arrache-pied pour lutter contre la sécheresse africaine.

Rokia est toutefois persévérante et rien ne la rebute. Armée seulement d’une petite hache, elle extrait à mains nues les racines de manioc, dont elle fait ensuite un gari, un plat local qu’elle vend le matin au marché. Rokia se procure ainsi elle-même des revenus.

De l’énergie et de la persévérance, Rokia en a à revendre. Mais ce sont les moyens financiers qui manquent. Pour produire du manioc et en faire du gari qu’elle peut vendre au marché, la coopérative d’épargne et de crédit locale lui a accordé un microcrédit d’un montant de 45 euros.

Le produit de ses ventes lui permet de rembourser son crédit après 6 mois. Il lui reste même un petit bénéfice, de l’argent qu’elle peut utiliser pour nourrir ses enfants ou pour payer les frais de scolarité des plus âgés.

Lorsqu’un crédit a été remboursé, Rokia peut en contracter un autre. Son petit commerce de gari est florissant et Rokia est fière du résultat de son dur labeur. Grâce au capital de départ de 45 euros, elle génère à présent son propre revenu et peut mieux entretenir sa famille.

Tout le monde la connaît au marché et elle est une commerçante respectée.

Rokia est fière de poser devant son petit champ de manioc, qu’un petit crédit a permis de transformer en une source de revenus propres.

Des Rokia, il y en a beaucoup

L’histoire de Rokia est l’exemple type de la philosophie du microcrédit : accorder un crédit à des gens pauvres actifs économiquement, et qui sont disposés à travailler d’arrache-pied pour améliorer leur sort.  

Les personnes comme Rokia ne peuvent pas s’adresser aux organismes financiers traditionnels pour obtenir les petits crédits dont elles ont besoin. Pourquoi ? E.a. parce que :

  • elles ne sont pas solvables : elles n’ont pas d’argent ou de biens à mettre en garantie ;
  • pour un petit crédit, les frais de base sont, proportionnellement, très élevés, et peuvent même parfois dépasser le montant du prêt ;
  • elles habitent trop loin des banques.

La microfinance apporte la solution. Les personnes pauvres peuvent obtenir, à proximité, le crédit dont elles ont besoin, avec un service adapté à leur situation.    

Affaire de dignité

Un microcrédit, c’est bien plus que de donner de l’argent.  

Le microcrédit de Rokia lui donne

  • la possibilité de générer son propre revenu
  • l’indépendance (pas uniquement sur le plan financier)
  • une place dans la société et dans l’économie
  • des possibilités de rehausser le niveau de vie de sa famille
  • la possibilité d’envoyer ses enfants à l’école.

Il s’agit non seulement de solvabilité (financière), mais aussi de dignité humaine, d’un revenu décent, d’une vie décente.

Une journée avec le microcrédit

Une journée à Honhoué, Bénin.

La microfinance et les coopératives y font partie de la vie quotidienne.  

Les gens de Honhoué décrivent comment fonctionne le mirocrédit et ce qui leur apporte.