Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud
21 novembre 2014

À l’ombre du Chaparastique

Lorsque Kurt Van Den Neste et Jacques De Raeymaeker m’ont annoncé, en mai de cette année, que j’avais été retenu pour effectuer une mission BRS à San Miguel, au Salvador, je croyais rêver. Mais ce n’était pas un rêve, c’était pour moi une occasion unique de tester ma connaissance de l’espagnol dans la pratique et de partager mon expérience de la gestion du risque.

Et c’est ainsi que le 29 octobre dernier, j’ai pris, en compagnie de ma collègue Patricia (consultant audit et contrôle interne) la direction d’Amsterdam pour prendre –juste à temps- l’avion direction Atlanta, et ensuite vers San Salvador. De l’aéroport, nous attendaient encore deux heures de bus pour atteindre notre destination : San Miguel, dans le sud est de ce pays exotique. Notre programme ? Une semaine très chargée, avec de nombreux défis et des sessions de formation en audit et gestion des risques organisées par BRS pour AMC, institution qui accorde des microcrédits au Salvador. Nous avons séjourné toute la semaine à l’ombre du Chaparastique, le seul volcan encore actif au Salvador, situé à proximité de San Miguel.

Chaque matin, le bus venait nous chercher à 8.15 h. précises à notre hôtel, pour nous au siège central d’AMC après un slalom de 15 à 20 minutes dans la circulation dense de San Miguel. ‘Adel Microcreditos’ a été fondée en 2000, c’est un organisme apolitique spécialisé dans l’octroi de microcrédits et dont l’objet est d’assumer un rôle sociétal et économique, dans l’esprit de son actionnaire principal, la Fondación ADEL Morazán. Cette organisation axe son action sur le développement de la région la plus pauvre du Salvador, où nous avons effectué notre mission. La fondation organise des programmes de formation pour les femmes et les jeunes, afin de les aider à lancer leur propre affaire.

Nos journées à San Miguel étaient bien remplies : présentations, workshops, discussions et réunions de suivi. Elles se terminaient à minuit heure locale dans notre chambre d’hôtel, avec la rédaction des conclusions et comptes rendus. Et contrairement à nos journées, les nuits étaient très courtes : non, nous n’avons pas été à la découverte de la vie nocturne de la deuxième plus grande ville du Salvador, mais c’est le jetlag -7 heures de décalage horaire- qui nous a joué des tours. Nous avons ainsi eu au moins le temps de communiquer et de rester en contact avec la famille en Belgique.

Lors de notre séjour finalement bref, nous avons pu découvrir l’hospitalité de ce pays magnifique. Les Salvadoriens sont extrêmement aimables, ils sourient sans cesse et sont très serviables et ce, malgré les douze ans de guerre civile qui ont déchiré le pays entre 1980 et 1992. Cela a entre autres pour conséquence que les organismes publics salvadoriens sont encore très fragiles. Les bandes criminelles organisées (‘maras’) ont les mains libres et rendent le pays très dangereux, ce qui est néfaste pour le développement du pays, même si la population est très entreprenante. Heureusement, nous n’avons personnellement pas eu de problèmes avec ces ‘maras’. Ces bandes sont réparties en deux groupes concurrents lvatruchas en Calle 18), avec chacun son langage gestuel secret. Chaque jour, on compte environ 11 victimes de ces bandes, des gens qui refusent de payer leur montant mensuel à la maffia. Les maras sont aussi la raison pour laquelle on trouve à l’entrée des bâtiments publics, banques, commerces et restaurants des gardiens armés jusqu’aux dents, avec riot guns.

La situation géographique du Salvador ne facilite pas non plus la vie de la population. Le pays est confronté en permanence à des catastrophes naturelles en tous genres tremblements de terre, éruptions volcaniques, ouragans, raz-de-marée, incendies, … D’un autre côté, le Salvador est, avec son accès direct à l’océan, ses montagnes volcaniques et son climat tempéré (jamais moins de 20°c) un pays magnifique. S’il parvient à résoudre le problème de la criminalité, il parviendra à convaincre des investisseurs, et pas seulement des touristes attirés par un ‘walk on the wild side’.

La mission BRS chez AMC durera encore trois ans. Cela nous donne le temps de voir si le pays évolue dans la bonne direction. Je piaffe d’impatience d’y retourner !

Jarek Chuchla

El Salvador

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