Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud
02 septembre 2016

Une affaire d’écoute et de questions

Koen Vastmans travaille chez KBC depuis 24 ans. Il y a quelques années, il est devenu coach après avoir été membre d’une équipe de développement au sein du département IT. Depuis 2014, il s’est déjà rendu à trois reprises au Pérou dans le cadre d’une mission pour BRS. Il y collabore avec Ciderural, une organisation rassemblant quatorze coopératives d’épargne et de crédit et cinq coopératives agricoles, également soutenue par l’ONG belge SOS Faim.

« J’ai compris dès le départ que ce ne serait pas une collaboration unique mais je ne m’attendais pas à ce que la mission dure si longtemps. En 2014, BRS m’a demandé d’aider Ciderural et les coopératives à créer un nouveau système informatique. Le système qu’elles utilisaient était devenu totalement obsolète et devait absolument être remplacé. Je n’étais pas supposé mettre moi-même un système au point. Ma tâche consistait à évaluer les propositions faites sur la base de mon expérience IT et d’aider Ciderural et les coopératives à faire les bons choix.

L’encadrement d’un tel projet s’accompagne surtout de questions : pourquoi certains points sont importants pour vous ? Quelle est la plus-value des éléments que vous mettez en avant ? Les technologies que vous souhaitez y sont-elles adaptées ? Il faut également bien écouter. Déceler les points faibles mais aussi les points forts car les personnes ont déjà énormément de connaissances.

Lors de ma première visite, le chemin vers ce nouveau système informatique s’annonçait difficile. J’y suis allé une deuxième fois afin de définir une nouvelle stratégie. Sur la base de plusieurs options proposées, les collaborateurs de Ciderural et des coopératives ont défini avec moi celle qui paraissait la meilleure. Mais au lieu de poursuivre dans cette voie, un tout autre plan est arrivé sur la table quelque temps plus tard. Un projet flou avec des technologies douteuses, sans budget ni exigences. J’ai eu de nombreuses questions et très rapidement, je me suis à nouveau rendu sur place avec Jacques De Raeymaeker de l’institut BRS afin d’évaluer la proposition et d’en discuter.

Il y a donc eu beaucoup de changements au cours de ces deux années. Le projet a duré bien plus longtemps que prévu mais je ne regrette pas une seule seconde d’y participer. Je reste enthousiaste. Et après tout ce temps, un lien s’est créé et je me sens impliqué dans le travail de Ciderural et des coopératives. Je ferai tout ce que je peux pour que ça fonctionne.

J’ai également appris à mieux connaître BRS. Je trouve que l’approche consistant à aider les gens à s’autogérer est très bonne. C’est un investissement à long terme et je suis ravi d’y contribuer en apportant mon expérience du monde de la finance.

En rencontrant toutes ces personnes, je me suis beaucoup intéressé au concept de la coopérative. Au Pérou, les coopératives sont fortement ancrées dans la société et je suis impressionné par la manière dont les gens essaient de s’entraider. J’essaie de transposer dans mon travail ici l’idée selon laquelle tout le monde doit pouvoir bénéficier de ce que les autres font. »