Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud
24 janvier 2017

Au pays des hommes intègres

C’est après un long périple que Arnold, Christian et moi atterrissons en ce samedi de fin Novembre sur le tarmac brulant de Ouagadougou. Nous avons quitté nos maisons respectives quand la température ne dépassait pas les 5 °C et nous voici sous une chaleur qui peine à descendre en dessous des 30 °C la nuit.

La journée de dimanche est donc bien utile pour s’acclimater .. et peaufiner l’atelier que nous venons animer sur le financement des acteurs des filières de l’oignon et du riz. En effet, suite à une première visite de reconnaissance en mars, la Caisse Populaire de Kaya nous a invité à organiser un atelier de réflexion sur le sujet.

Burkina Faso - Source : Wikipédia 

Burkina Faso - Source : Google Map

Pourquoi ces filières, vous demandez-vous sans doute ? Elles ont été sélectionnées car il s’agit à la fois de cultures commerciales, càd génératrices de revenus pour les agriculteurs, et de cultures vivrières. Elles permettent également de participer à la sécurité et l’autosuffisance alimentaire de la population locale. Par ailleurs, ces filières ne sont pas encore suffisamment bien organisées et l’accès au financement leur est difficile… il y a donc une nécessité d’amélioration !

Ensemble avec la Caisse Populaire, dont la mission est précisément d’offrir aux populations rurales un accès aux services financiers, nous allons analyser les différents facteurs clés à prendre en compte dans le développement de crédits adaptés aux besoins des acteurs de ces filières… et évaluer les points forts et les points faibles de la Caisse.

Afin de rendre les échanges plus fructueux pendant l’atelier, nous commençons lundi par une rencontre avec l’association des producteurs d’oignons. Nous avons ainsi l’opportunité de les écouter nous expliquer les cycles de production ainsi que les risques et difficultés auxquelles ils font face. Arnold et Christian, ingénieurs agronomes actifs dans le secteur agricole depuis 25 ans, sont tout ouïe !

Nous sommes également invités à aller visiter leurs champs. A notre grande stupéfaction, nous découvrons des oasis de verdure alors que la saison des pluies est finie depuis plus de deux mois et que nous n’avions vu jusqu’à présent que des paysages de savane semi-aride. A côté des parcelles d’oignons, je regarde avec envie les magnifiques poivrons, aubergines et autres tomates qui poussent si maigrement dans mon petit potager en Belgique.

C’est enrichis de cette de visite de terrain que nous commençons l’atelier mardi. Nous avons la chance de compter parmi les participants les représentants des différentes fonctions clés dans la chaine d’octroi de crédit : de l’agent de crédit au directeur de la caisse. Par ailleurs, un représentant de notre ONG-partenaire Trias, qui soutient les organisations de producteurs de riz et d’oignon, participe également afin de se faire le porte-voix de ces producteurs.

C’est fatigués mais très heureux de la confiance mutuelle établie et des points d’actions concrètes déterminés ensemble que nous terminons mercredi l’atelier avec une présentation des conclusions à la Directrice des Crédit de la Délégation. La Caisse de Kaya fait en effet partie du plus grand réseau de microfinance du Burkina Faso, le RCPB, et celui-ci compte bien utiliser l’expérience acquise au sein de la Caisse de Kaya pour la disséminer dans tout le réseau.

Vendredi, c’est à bras ouverts que nous sommes accueillis dans l’agence principale de la Caisse de Kaya où les participants de l’atelier nous expliquent en détails le fonctionnement de leur institution et leurs tâches respectives. Christian passe même les premiers tests en mobylette pour devenir agent de crédit!