Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud
04 décembre 2018

Le plus important dans l’octroi de crédits

Pour Jan Leyten, collaborateur KBC, son travail va bien au-delà des chiffres et des analyses. Quand, dans son métier d’économiste agronome, il soutient les agences locales de KBC dans le traitement des dossiers agricoles et horticoles, il le fait avec un grand sentiment d’appartenance à l’agriculture. Petit-fils d’agriculteur et fils de bio-ingénieur, il a l’agriculture dans le sang... et il la porte dans son cœur !

Le plus vieux métier du monde

« L’agriculture est à la base de tout. C’est la raison pour laquelle elle me fascine tant. Les agriculteurs sont responsables de la production primaire de denrées alimentaires et exercent donc le plus vieux métier du monde. Quand BRS m’a demandé de me porter volontaire pour soutenir Wasasa, une institution de microfinance en Éthiopie axée sur les agriculteurs, j’ai immédiatement accepté.

À la demande des agriculteurs eux-mêmes

Avec Paul Vanschoonlandt, mon collègue depuis de nombreuses années chez KBC, je me suis rendu à Addis-Abeba pour une semaine début juillet. L’objectif de notre mission : soutenir le développement des crédits individuels aux agriculteurs.

Wasasa possède près de 20 ans d’expérience dans l’octroi de crédits collectifs. Ici en Afrique, ils occupent une place de premier plan. L’organisation souhaite également répondre à la demande des agriculteurs qui désirent des crédits individuels qui leur offrent des opportunités de croissance supplémentaires. Mais comme Wasasa travaille avec des paysans démunis qui ne peuvent fournir une garantie matérielle, cela ne va pas de soi. C’est pourquoi l’institution de microfinance a lancé un projet pilote il y a quelque temps.

Un grand pas en avant

Lorsque nous sommes arrivés en juillet, nous avions dix crédits individuels de 8 800 birrs (270 euros) par hectare. Cet argent ne peut être utilisé que pour des activités agricoles. Paul et moi, ainsi que Wasasa et les fermiers eux-mêmes sommes tenus d’évaluer les premières étapes de ce projet et d’y apporter les ajustements nécessaires.

Les conversations avec les agriculteurs ont rapidement montré que ces microcrédits individuels améliorent grandement leur vie. Ces crédits leur permettent d’acheter des semences et des engrais de bonne qualité et ainsi augmenter le rendement de leur récolte et leurs revenus. Un des agriculteurs m’a dit qu’il pouvait dorénavant envoyer ses enfants à l’école et qu’il pouvait même payer l’université pour l’aîné. Et ce, grâce aux revenus supplémentaires que lui procure ce crédit individuel.

Ni trop, ni trop peu

Il est très important d’opter pour un financement adéquat. Si vous empruntez trop, vous imposez aux agriculteurs un endettement excessif. Si vous ne financez pas assez, ils ne peuvent pas travailler de façon rentable. À l’instar des banques qui travaillent avec nous, les institutions de microfinance doivent assumer leurs responsabilités dans ce cadre.

Afin d’aider les décideurs en matière de crédit de Wasasa à évaluer correctement la force portante des agriculteurs, Paul et moi travaillons actuellement sur un outil qui permettra de recueillir le plus de données possible. Cet aperçu détaillé des surfaces cultivées, des types de culture, des matériaux utilisés, des prix d’achat et de vente, etc. donne aux employés un aperçu des possibilités de remboursement et leur permet de prendre des décisions responsables.

De quoi s’agit-il réellement ?

Dans mon cas, c’était la première fois que je parlais à des agriculteurs africains. J’ai été frappé par le fait qu’ils ont les mêmes difficultés et les mêmes rêves que nous : ils veulent aller de l’avant et offrir un avenir meilleur pour leurs enfants.

Le fait qu’il ne suffisse que de très peu d’efforts de votre part pour m’aider à réaliser cet objectif me motive à me battre pour ce projet. Et j’espère que Wasasa sera bientôt en mesure d’élargir ce projet pilote, car il aide réellement les agriculteurs à aller de l’avant. Et c’est de cela qu’il s’agit : en tant que banque, vous soutenez vos clients et leur offrez une vie meilleure. »

Texte: Martine Verbraeken