Coopérer en microfinance et microassurance
avec le Sud
09 mars 2020

Des formateurs locaux pour une bonne gouvernance

Les collaborateurs KBC Noëlla Wouters et Olivier Felique étaient tous deux à la recherche d’un nouveau défi. Et ils l’ont trouvé chez BRS. L’équipe Entrepreneuriat coopératif de Cera les a préparés pour qu’ils puissent donner, en tant que bénévoles, des formations autour de la bonne gouvernance pour les coopératives. Leur première mission les a emmenés jusqu’à la coopérative Ciderural à Lima (Pérou). Trees Vandenbulcke de Cera et Patricia Hollinger de l’Institut BRS les y ont accompagnés.

Train the Trainer

Olivier : Ciderural est une organisation faîtière de 15 coopératives d’épargne et de crédit qui pratiquent la microfinance dans les régions rurales les plus pauvres du Pérou. La coupole est elle-même une coopérative. Via SOS Faim, BRS collabore avec Ciderural depuis de nombreuses années.

Noëlla : Notre formation s’adressait aux membres du personnel délégués des coopératives membres qui, à leur tour, donnent cette formation au sein de leur propre organisation. Il s’agit donc d’un atelier de formation des formateurs. Et ces formations profiteront à terme aux clients des coopératives, car cela leur permet de bénéficier d’une organisation bien gérée.

Les coopératives : le chemin vers une vie meilleure

Olivier : C’était très agréable de rencontrer ces clients. Nous avons discuté avec une dame qui vend du poulet et avec une dame qui tient un petit restaurant. Elles sont toutes deux membres de Santa Rosa, une des coopératives affiliées à Ciderural, depuis des années. Ces femmes doivent leur commerce et leurs revenus au microcrédit. Sans « leur » coopérative, elles n’auraient jamais eu accès au marché financier.

Noëlla : Pour ces personnes, les coopératives fortes sont LA voie vers une vie meilleure. C'est la raison pour laquelle BRS s'investit dans des formations en matière de bonne gouvernance.

Autodiagnostic

Olivier : Concrètement, nous avons d’abord demandé aux participants de réaliser eux-mêmes des exercices pendant cette formation. Nous avons ensuite commencé à les accompagner. Les participants ont ainsi appris comment accompagner les élèves dans leur réflexion personnelle. Car telle est notre approche : l’autodiagnostic.

Noëlla : Nous nous sommes également penchés sur des situations difficiles auxquelles on peut être confronté pendant une formation. Que faire si les gérants estiment ne plus avoir besoin de formation ? Ou si leur vision de l’avenir n’est pas réaliste ? Ensemble, nous avons cherché des solutions.

Soif de connaissances et de changement

Olivier : Les participants à la formation étaient extrêmement motivés. Et emplis de « el cooperativismo ». Pedro Pariona Meza, par exemple, rêve de changer le pays de l'intérieur grâce au mouvement coopératif. Et pour y parvenir, il veut apprendre le plus possible. Cette soif de connaissance et de motivation m’a énormément motivé.

Noëlla : J’ai également été touchée par la passion de Dalila Morales Quintana. Elle a récemment lancé une coopérative qui s’adresse principalement aux femmes. C'est très spécial parce que les femmes du Pérou ne reçoivent généralement pas de crédit sans la signature de leur mari. Dalila lutte ainsi contre les violences familiales. Quand les femmes deviennent plus fortes et indépendantes économiquement, elles parviennent plus facilement à se libérer du joug de leur mari.

Re-boost

Olivier : Chacun au sein de sa propre coopérative, Pedro, Dalila et les autres participants organisent désormais eux-mêmes cette formation. Nous en assurons le suivi avec Walter Yalle, le responsable formation de Ciderural.

Noëlla : Dans l’ensemble, cette expérience a vraiment été révolutionnaire pour moi. Totalement en dehors de ma zone de confort, mais tellement enrichissante !

Olivier : Le travail a été dur et intense. Mais la passion du groupe m’a donné énormément d’énergie. Un vrai re-boost ! C’est avec plaisir que je me prépare à la prochaine mission.