Les collaborateurs de KBC qui animent des ateliers pour le compte de BRS auprès d’institutions de microfinance (IMF) ont un point commun : un enthousiasme sincère. Et cela vaut certainement pour Koen Vos et Eric Fraipont.
En avril, ils se sont rendus en Guinée en tant qu’invités de la FASeF, une organisation faîtière qui représente 25 institutions de microfinance locales. Avec les conseillers BRS Jean Masscheleyn et Johan Tyteca, ils y ont dispensé une formation sur le contrôle interne.
Le sujet leur tient clairement à cœur — à tel point qu’ils parlent avec passion des risques, des matrices et de l’analyse des processus. Mais au-delà des aspects techniques, comment ont-ils vécu cette mission sur le plan personnel ? Et qu’est-ce qui les a motivés à devenir volontaires pour BRS ?
Koen : En 2025, avec BRS et quelques collègues, j’ai donné un webinaire pour les collaborateurs de FASeF. Lorsqu’ils m’ont ensuite proposé de me rendre en Guinée, j’ai accepté avec plaisir. Découvrir un nouveau pays et une nouvelle culture tout en apportant quelque chose aux gens sur place me semblait idéal. Et j’étais heureux qu’Eric participe aussi.
Eric : Koen et moi travaillons ensemble depuis longtemps et nous sommes très complémentaires. Avec lui, j’ai tout de suite été partant. Dans mon cas, notre chef de service a présenté la demande de BRS à toute l’équipe. « Waouh ! Quelle opportunité », ai-je pensé immédiatement. À l’école déjà, lorsque des personnes venaient parler de projets humanitaires, cela me paraissait formidable de pouvoir y participer, de faire quelque chose pour des personnes ayant moins de possibilités. Et voilà que cette chance se présentait à moi.
Koen : La demande pour cette formation venait de FASeF elle-même. L’idée était que, pendant l’atelier, nous analysions ensemble le contrôle interne d’un processus, afin qu’ils puissent ensuite appliquer cette méthode à d’autres processus. Cela correspond parfaitement à l’idée qu’il ne faut pas donner du poisson aux gens, mais leur apprendre à pêcher.
Eric : Le processus qu’ils ont choisi d’analyser était le processus de crédit. Nous l’avons étudié avec des collègues de FASeF du service de Contrôle interne, leur responsable des opérations et de l’informatique, le directeur financier et le CEO.
Koen : Pour être honnête, j’avais un peu peur au départ que ce soit à sens unique, alors que l’interactivité est essentielle pour parvenir à un résultat largement soutenu. Mais les participants étaient très motivés.
Eric : Comme la réalité sur le terrain est parfois différente de ce que l’on imagine, nous avons dû régulièrement nous adapter. Nous avons vite compris que la matrice d’analyse des risques que nous utilisons est beaucoup trop complexe pour leur situation.
Koen : On pourrait dire que nous roulons avec une Formule 1, alors qu’une bonne voiture familiale correspond mieux à leurs systèmes et à leur manière de travailler.
Eric : Avec eux, nous avons simplifié le modèle. Nous avons également tenu compte au maximum de leurs processus, de leur système informatique et surtout de la réalité dans leurs bureaux. Cela signifiait que le soir, après les sessions, nous continuions à adapter notre matériel pour le lendemain.
Koen : Entre-temps, nous avons visité plusieurs bureaux locaux. Pour que les résultats d’une telle formation soient adoptés à la base, il est bien sûr essentiel que les 25 coopératives adhèrent à l’ensemble du projet. Nous avons également échangé avec les collaborateurs sur place.
Eric : Et avec les élus. Chaque bureau dispose, en plus du personnel local, de plusieurs élus : des personnes désignées par la communauté pour la représenter. Il s’agit généralement de personnes plus âgées. Certaines ne savent ni lire ni écrire, mais elles sont très respectées et leur voix compte.
La même motivation
Eric : Au final, c’est l’échange d’histoires et d’expériences qui apporte le plus. À un moment, nous avons parlé de fraude. Un collaborateur qui commet une fraude nuit évidemment gravement à la réputation. Lors de l’échange de conseils pour y faire face, nous n’étions pas les enseignants ; nous partagions simplement nos expériences, sur un pied d’égalité.
Koen : Nous leur avons aussi dit : « Vous faites exactement la même chose ici que nous en Belgique. Seul l’environnement est différent. » C’était notre point de départ pendant tout l’atelier. Les gens de FASeF savent vraiment de quoi ils parlent. Nous partageons la même motivation et les mêmes préoccupations, ce qui crée un sentiment de connexion.
Koen : Avons-nous apporté quelque chose durant cette semaine ? Nous avons essayé de les inspirer, de les faire réfléchir et de leur montrer des possibilités, des outils qu’ils peuvent utiliser — en quelque sorte la canne à pêche, et même comment la fabriquer eux-mêmes. Et notre question principale était toujours : comment pensez-vous que cela fonctionnerait le mieux ?
Eric : À l’inverse, leur esprit créatif m’a beaucoup inspiré. Ils ne disent jamais que quelque chose est impossible ; ils cherchent des solutions. Tout devient possible. Finalement, tout s’arrange toujours.
Koen : Ce qui m’a frappé, c’est que les gens se connaissent encore personnellement, même dans le cadre professionnel. Les agences connaissent leurs clients, les inspecteurs connaissent leurs agences et toutes les personnes qui y travaillent. Cela crée un lien beaucoup plus fort. Chez nous, il existe une politique formelle de « Know Your Customer », alors que là-bas, c’est simplement intégré dans la pratique.
Eric : En repensant à cette semaine, elle est passée très vite. Et oui, c’est parfois éprouvant : il fait très chaud, les journées sont longues, et les trajets en voiture peuvent être difficiles pour le dos. Mais cela en vaut vraiment la peine. Le contact avec les participants, leur réaction positive, l’excellente ambiance au sein de l’équipe de volontaires… Et surtout : on fait la différence pour les autres.
Koen : Il faut simplement se lancer. Ne pas trop penser aux obstacles comme la chaleur ou la langue. Juste le faire. C’est une expérience incroyablement enrichissante et, avec les connaissances et l’expérience acquises chez KBC, on fait réellement une différence sur place.